Melting post

Carnets de voyage de condisciples indiscrets

27 octobre 2009

Bordeaux, cru bourgeois

La journée tire à sa fin, ce lundi soir, sur le Quai de la Douane. Un ballet continu de voitures et de touristes anime encore ce haut lieu de la bourgeoisie bordelaise, où les bâtiments rivalisent de clinquant, leurs habitants d’apparat.grappe_raisins_or

Dans cette effervescence, seul un clochard reste prostré contre un lampadaire. D’origine maghrébine, les traits marqués et la chevelure éparse, l’homme paraît harassé, étranger à tout flux vital. Parfois, dans un français mâtiné d’arabe, il narre ses histoires à qui veut bien l’entendre. Sa timbale appelle à l’aumône, mais l’homme cristallise l’indifférence.

Soudain, le trafic s’interrompt. Une voiture est en panne. Sa propriétaire, la trentaine bourgeoise et affairée, clame alors sa frustration de n’avoir pu rallier sa résidence, sise cinq cent mètres plus loin. Les chauffards s’impatientent, les klaxons tintent.

Spontanément, le clochard sort de son apathie et se hâte d’aller dépanner l’automobiliste. L’homme parvient à pousser le véhicule, centre mètre durant, jusqu’au prochain trottoir. Il ne réclame ni n’impose de l’argent en retour. Tout juste patiente-t-il quelques secondes – une éternité… - en espérant que la jeune femme condescende à un geste. En vain. Drapé dans sa dignité, le clochard reprend sa place au pied du lampadaire. Le trafic reprend son cours, la vie aussi.

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09 juillet 2009

Clain Crew

Cette photo marquera-t-elle la renaissance d'un Melting Post tombé dans le tréfonds du Clain ?

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He's back !

22 ans et toutes ses dents

Ils m'ont tous demandé,
Que dis-je, prié
De réveiller Thibaudelaire
Des abysses de la poésie pour ton anniversaire.
Un honneur pour moi de te rendre hommage
Alors que notre amitié débuta de manière un peu volage.
Mais quelques frasques sexuelles plus tard
Et des potes passés dans ton plumard
Nous voilà tous réunis autour de cette table
Pour boire encore une fois à en être déraisonnable.
22, v'là Trotin,
Préparez-vous les copains,
Celle qui a rendu les status Facebook légendaire
Fête son 22e anniversaire.
Toi, reine de la Goule,
Ce soir, tu finis saoule !

Thibaudelaire

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18 mai 2009

Melting Post, morgue pleine

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Melting Post, morne plaine

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11 mai 2009

Unbreak my heart, say you love me again

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Bologna Chiamata vivra, que ceux qui ont voulu l'enterrer se le disent...

08 mai 2009

Deuil de Blogs

                        

                                deuil1

Melting Post, Diario de Viaje, Bologna Chiamata, Random Report, L'ecrimogene... le tour des blogs a ces derniers temps des allures de dimanche hivernal.

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04 avril 2009

La fac, morne plaine

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Dans les UFR de Poitiers règne, depuis la grève nationale du 29 janvier, une quiétude qui ne dit rien qui vaille. D’ordinaire des lieux d’effervescence sinon populaire, tout au moins intellectuelle, les édifices universitaires résonnent pourtant d’un silence d’impasse depuis lors. Seul le personnel de l’administration et quelques profs, manifestement recrus d’ennui, y brassent de l’air et leur redonnent cahin-caha un semblant de vie. En sillonnant les larges couloirs, vides, austères, de la faculté de droit et des sciences sociales, on se croirait propulsé dans une ville western du Grand Ouest américain, silencieuse et déserte, à l’heure où l’accalmie préfigure généralement une fusillade sanglante des « gadjos » les cow-boys.

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On s’y croirait. Sauf qu’ici, la fusillade n’aura pas lieu. Les cow-boys sont contraints de battre en retraite. Les mots se sont substitués aux balles et l’affrontement est verbal. Oral même. Oui, parfois, faute d’idées ou d’arguments, les opposants pétaradent de grands cris fédérateurs… C’est la curée.

Comment en sommes-nous arrivés-là ? Quel malheureux événement a-t-il bien pu conduire à l’occupation totale de nos UFR, prorogée chaque semaine lors d’assemblées générales ? La L.R.U. La loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités.

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_relative_aux_libert%C3%A9s_et_responsabilit%C3%A9s_des_universit%C3%A9s
-
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000824315&dateTexte=vig
(Pour les esprits fureteurs, désireux d’en savoir un peu plus…)

Sitôt proposée par Valérie Pécresse, Ministre de l’enseignement et de la recherche, cette loi a mis en émoi la communauté des enseignants et étudiants, qui a dès lors vociféré son refus radical (dans un élan de solidarité propre « aux grandes causes »…) et en a réclamé, par-là même, rien de moins que son abrogation. Vaines revendications… C’était trop vite oublier le peu d’égard que manifeste notre omniprésident Nicolas Sarkozy pour les mouvements d’opposition. « Désormais, quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit » avait-il clamé entre amis lors d’un congrès UMP en juillet dernier. Un mutisme visiblement généralisé puisque dans son sillage, c’est tout le gouvernement qui refusait il y a encore quelque temps, Pécresse la première, de bouger d’un iota ses positions, fussent-elles massivement contestées. Mais comment pourrait-on blâmer, au fond, l’entêtement du gouvernement Sarkozy, élu de plein droit par le peuple le 6 mai 2007 ?

Effet moutonnier

Fi de cette indifférence, enseignants et étudiants ont quoi qu’il en soit décidé de faire entendre, de mener la fronde, vaille que vaille... Et depuis huit semaines maintenant, les mouvements de grève pullulent. Des occupations totale ou partielle des UFR, prônées par la coordination étudiante, des débats, des assemblées, des cours libres, mais aussi « clandestins », en résultent. Il y a fort à penser qu’une bonne partie des étudiants mobilisés soient animés par la seule idée de bloquer la fac et d’en suspendre les cours. Et l’on peut tout autant s’imaginer que ces derniers ne connaissent pas ou peu la teneur de la loi L.R.U. Toujours est-il que chaque semaine, dans l’amphi J ou au stade Rebeilleau, lieux occasionnels de ralliement, le quorum est atteint. Les urnes crachent leur verdict : « blocus revoté ». La vie et l’avenir de l’université sont maintenus hors de ses murs, son système est bloqué, le Ministère ne daigne pas l’entendre, mais le mouvement tient bon.

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Seulement, aujourd’hui, délesté du soutien évanescent des enseignants, qui se sont rangés aux premières concessions ministérielles, car il y en a finalement eu, ce mouvement universitaire s’étiole au fil des semaines. « La ronde infinie des obstinés », initiative venue de l’Université Paris-8, demeure, certes, mais agace. Même les quotidiens, nationaux et locaux, posent la question de la crédibilité, et donc de ce fait prennent parti…

Certains profs, encore eux, se disent toujours en réaction aux réformes universitaires, en dissimulant notamment, en petit groupe, à l’abris des regards, une verve revendicatrice qu’on ne leur soupçonnait pas. Ils en sont presque touchants. Mais le fait est qu’ils fuient leurs responsabilités et désertent toujours autant les lieux d’information ou de débat sur la L.R.U.

L’université est donc plongée dans un chaos qui n’est pas sans rappeler celui de 2005, lors des grèves relatives à la loi finalement avortée du CPE (contrat première embauche), à la différence près que, il y a quatre ans, le mouvement était resté unanime et non disparate. La conclusion en est quoi qu’il en soit la même : la fac résonne toujours du même silence.

PS: Pour vous impregner un peu plus du mouvement poitevin contre la L.R.U., allez donc faire un tour sur le site d'un pote de fac épris de photographie, les clichés y sont bien plus révélateurs que les mots. >>> http://yvainmichaud.com/?alb=14.


opération séduction du MJS 86
envoyé par MJS86

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10 mars 2009

Shooting Stockholm

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Colonne de droite...

To be continued...

26 février 2009

Voir Venise et mourir d'ennui?

 
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"A sa simple évocation la baronne engoncée essuya son front perlant du revers de sa vareuse, se remémorant ces belles journées de février qu'un mardi un peu trop gras avait conclut l'année passée."


    Voilà un peu l'image que je me faisait du plus célèbre carnaval au monde avant d'y traîner mes guêtres cette semaine.
Attendant stupre et débauche sans vergogne, celui-ci m'a semblé faire bien pâle figure tant l'ambiance y était morose, malgré un nombre conséquent mais néanmoins raisonnable de badauds, la fête m'a un peu trop rappelé à la douce monotonie hivernale.
Chais pas si c'est la crise mais ça fleurait un peu l'économie de moyens. Pour tempérer mon propos disons que je m'y suis pointé ce lundi, veille de clôture de dix jours costumés, alors laissons le bénéfice du doute à la cité des Doges, qui je l'espère avait la gueule bois. Du coup neni de la musique, confetti, mousse à raser et enfants machiavéliques l'ambiance était tout juste bon enfant.

J'espère au moins que dans les hauts salons ils se sont mis un tarif.


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Posté par meltingpost à 18:21 - Simon - Italia (Bologna) - Commentaires [1] - Permalien [#]
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25 février 2009

Etre né sous le signe de l'Hexagone...

    L'intellectualisme français, par l'intermédiaire d'une brune et d'une blonde, a une nouvelle fois fait parler la poudre. Bienvenue au pays de l'ouverture d'esprit, de l'amabilité et de l'humilité.
    Étant en avance pour mon cours d'histoire du franquisme, je prend place sur un banc de la salle. Bien malgré moi je m'assois derrière deux Françaises. L'épisode va finalement très vite s'avérer intéressant. Extraits :
A propos d'une femme d'environ 60 ans, type un peu vieille bourgeoise qui prend soin d'elle, mais toujours très sympathique en classe :
- Brune : "Non mais sérieux, t'as vu comment elle est sapée la vieille ?
- Blonde : Ouais, au moins on peut dire qu'elle accepte son âge !
- Brune : Mmmh tu parles ! Ce qu'elle accepte surtout c'est de s'habiller comme une pute !!"
A propos d'un type, un peu kepon dreadeux, avec un piercing dans le nez :
- Brune : "Non mais aussi ici, faut qu'ils arrêtent avec leurs piercings.
- Blonde : Ah ouais, nan mais c'est clair. Trois-quarts des Espagnols en ont, c'est trop moche, en plus sur eux ça fait vraiment vulgaire !
- Brune : Oui, mais c'est net. A la limite, un petit discret comme ça, ça passe, mais franchement des fois c'est répugnant. Ça fait vraiment Junkie !
- Blonde : Bah tu sais, l'Espagne, c'est le pays d'Europe qui consomme le plus de cocaïne..."
Et enfin, la petite perle. A propos de l'occupation pacifique du bâtiment interfaculté du campus (pour protester contre la privatisation de la fac, ndlr) :
- Brune : "T'es passée récemment par l'Interfacultad" ? Parce que franchement ils font chier à dormir là-bas. Leurs matelats, les duvets, la bouffe, ça pue, c'est crade. Si seulement l'Espagne avait nos CRS, ça irait sûrement beaucoup plus vite.
- Blonde : C'est sur..et encore te plains pas, c'est pas comme en France, ici, ils bloquent pas nos cours."

    J'ai encore du mal à le croire en tapant cet article. Suite à cet épisode, je n'ai seulement pu lâcher qu'un petit ricanement et lancé à mon collègue espagnol, avant de lui expliquer pourquoi, un petit "Son sucias" (Elles sont sales).

A bon entendeur, vive la France.

Posté par meltingpost à 17:46 - Thibaud - España (Zaragoza) - Commentaires [4] - Permalien [#]
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19 février 2009

Mardi Gras, nous y voilà. Et cette fois j'y serai.

Donc là quand même quoi.

14 février 2009

Détours et des Nuits du volley

Remerciements au caméraman Berjou pour ces images de haute volée.

11 février 2009

Archive : Bennassar - Jacquart

    Alors que je passe en ce moment-même toutes mes journées à la bibliothèque (si, si, j'vous jure), il m'est venu l'idée de profiter de Melting Post pour publier quelques archives de nos années fac. Ainsi, quand des historiens du XXIIIe siècle, tels que Jean-Eudes Franchinneau, descendant de l'illustre Etienne Franchinneau, se rendra en compagnie de son professeur Sir Fabrice III Vigier, aux Archives Départementales de la Vienne, et qu'ils s'interresseront au phénomène internet du XXIe siècle, j'ai nommé Melting Post, ils pourront découvrir ce genre de vidéo au contenu explosif.

Remettons tout ça dans son contexte.
    Un jeudi soir aux alentours de Minuit, rue Saint-Pierre-le-Puellier, Poitiers. La Faxe ayant déjà bien fait son travail, nous retrouvons nos deux protagonistes (Berjou & Simon), s'affrontant au Bennassar - Jacquart (les règles restent en cours d'élaboration). Une partie de haute volée tandis que l'assistance - composée des fleurons de la fête estudiantine locale -, alors très certainement en mal de sobriété, se déchaine, que dis-je, s'égosille, sépoumone dans l'objectif de faire chuter nos deux poulains.

     Je vous laisse vous délecter de ces instants, désormais immortalisés, pour le moins prodigieux..

10 février 2009

Poitiers en grève

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Pour une vision optimale, Melting Post vous recommande vivement de cliquer sur les photos. En vous remerciant.

Tout d'abord, rendons à César ce qui appartient à César. La troisième photo, je l'avoue, je n'en suis pas l'auteur. Je l'ai taxé sur un autre blog sensas', désopilant par son originalité et désarmant de vérité: http://lecrimogene.canalblog.com/. Ce cliché est l'oeuvre d'Evan Baudic, Maître Photographe Emerite au service des sports de la NR, il est toujours bon de le rappeler. Oui, c'est lui-même qui avait pris la photo très controversée mais unanimement reconnue du post "Plus dure fut la chute...", relatant la lancinante descente aux enfers du poète Thibaudelaire, lequel a manifestement rangé sa plume au grand dam de ses détracteurs...

Seules les deux premières photos, donc, sont les miennes. Abstenez-vous cependant de tous commentaires, je ne suis pas photographe, je ne l'ai jamais été, et je n'ai en plus de ça aucun logiciel de retouche pour tenter de sublimer ces clichés. Si tant est qu'on le puisse...

L'heurt des comptes

En revanche, je suis assez fier d'avoir débusqué - parmi les 25000 manifestants selon les syndicats, 1000 selon la Police (elle aussi manifestante ce jour-là d'ailleurs !) - celle qui orchestre la fronde populaire depuis son origine, Sa Vénérée Altesse Emmanuelle Pilot (au centre sur la photo, à gauche en politique, à droite seulement quand elle prend le volant). Cette jeune poitevine éveillée dès sa prime jeunesse à la cause "socialo-communiste", fille de l'illustre batteur des Cadavres, éminent groupe de rock angevin, a toute sa vie durant mené des actions en tous genres contre l'establishment.

Dame Pilot a cela de particulier qu'elle est une de ces militantes omniprésentes sur le fond, mais plus discrètes sur la forme. Vous pourrez ainsi l'entendre vociférer en petit comité contre les injustices tramées par les instances étatiques, mais ne pas la trouver au premier plan d'une manifestation dont elle contrôle pourtant les tenants et les aboutissants... Elle est comme ça, Dame Pilot. Elle mène son combat dans l'ombre, sans strass ni paillèttes. La lumière des médias, très peu pour elle... Elle préfère prendre le temps de sensibiliser le tout-venant à la cause du peuple plutôt que de bacler sa pensée (ô combien méritante) devant le peu de temps que la caméra du journaliste lui en laissera le crédit.

D'ordinaire introuvable, donc, j'ai pu cependant ce jour-là, touché par la grâce de Jéhovah, immortaliser sa petite foulée de grèviste dans la rue Victor Hugo. Et je me hâte dès à présent de vous offrir le visage de celle qui a assis sa notoriété par son militantisme intellectuel et non médiatique.

Voilà. Lors du prochain mouvement, vous aurez le portrait d'un autre militant haut en couleurs, Vincent Fontaine. Son combat, lui, c'est l'éradiction des beaufs. Et le jeune homme ne s'en laisse pas conter, ces gens-là, il les connait, puisqu'il vient de Chauvigny. A l'occasion, demandez-lui, il vous fera un petit topo !

NB: Pour donner un peu plus de crédit à mon intertitre relatif au compte des manifestants, je vous glisse une dernière anecdote entendue à la radio le lendemain de la grêve générale en France, qui personnellement me fera toujours marrer: "A Paris, les manifestants étaient 300 000 selon les syndicats, 65 000 selon la Police..." Un écart tout juste abyssal.




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